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Basics 5 min de lecture Mis à jour 2026-07-01

Qu'est-ce qu'un pixel de suivi ?

Comment l'image invisible d'un e-mail marketing signale que vous l'avez ouvert — et ce qu'elle peut et ne peut pas voir.

Un pixel de suivi — aussi appelé pixel espion, pixel d’ouverture ou balise web — est une minuscule image intégrée à un e-mail dont la véritable fonction n’est pas d’être vue. Lorsque votre client de messagerie le télécharge, ce téléchargement indique à l’expéditeur que le message a été ouvert.

Le mécanisme

Un e-mail au format HTML est une page web. Comme toute page web, il peut référencer des images hébergées sur un serveur distant :

<img src="https://track.example.com/o/a8f3e1c9b2.gif"
     width="1" height="1" style="display:none" alt="">

Trois détails font de ceci un pixel de suivi d’ouverture plutôt qu’une image ordinaire :

  • Il est distant. L’image est récupérée depuis le serveur de l’expéditeur chaque fois qu’elle est affichée, au lieu d’être jointe au message.
  • Il est invisible. Il mesure généralement 1×1 pixel, est transparent ou masqué en CSS, de sorte que vous ne le remarquez jamais.
  • Il vous est propre. Le chemin ou la chaîne de requête contient un identifiant (a8f3e1c9b2 ci-dessus) qui renvoie à votre adresse e-mail précise et à cette campagne précise.

Lorsque votre application de messagerie affiche le message, elle émet une requête HTTP pour cette image. Le serveur journalise la requête — et, comme l’identifiant est unique, il sait qui a ouvert quel e-mail.

Ce qu’il peut voir

Une seule requête de pixel révèle plus qu’un « ouvert » par oui/non :

  • Que vous avez ouvert le message, ainsi que la date et l’heure de l’ouverture.
  • Votre adresse IP, qui donne une localisation approximative et votre réseau/FAI.
  • Votre user-agent, c’est-à-dire le client de messagerie et souvent le système d’exploitation.
  • Les ouvertures répétées, puisque chaque affichage constitue une nouvelle requête — les expéditeurs peuvent ainsi compter combien de fois et approximativement quand vous relisez un message.

Les liens réécrits font de même pour les clics. Au lieu de pointer directement vers la destination, un lien « cliquable » transite d’abord par le serveur de l’expéditeur, qui enregistre le clic avant de vous rediriger. Notre Inspecteur de liens montre cette chaîne saut par saut.

Ce qu’il ne peut pas voir

Un pixel de suivi n’est ni un micro ni un enregistreur de frappe. Il ne peut pas lire le reste de votre boîte de réception, voir ce que vous tapez, ni accéder à des fichiers. Son pouvoir provient entièrement du fait que charger une ressource distante est en soi un signal. Supprimez le chargement — en bloquant les images distantes — et le signal disparaît (avec d’importantes réserves abordées dans ce que fait réellement le blocage des images).

Pourquoi c’est important sur le plan juridique

Parce qu’insérer et lire un pixel revient à écrire sur votre appareil et à y lire (la requête, l’image stockée, le cache), les régulateurs européens le traitent comme tout autre accès à l’équipement terminal au titre de l’article 5, paragraphe 3, de la directive ePrivacy. En France, il s’agit de l’article 82 de la Loi Informatique et Libertés. La conséquence — explorée dans la recommandation 2026 de la CNIL — est que la plupart des pixels de suivi requièrent votre consentement préalable, à quelques exemptions étroites près.

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